À Flins, des ouvriers ont transformé une Renault Clio en pick-up à six roues
Source : Auto Plus — Auteur : Etienne Villaret
Voir l'article originalPour beaucoup d’automobilistes, la Renault Clio II évoque une citadine très sage, croisée par milliers sur nos routes. À Flins-sur-Seine, dans les Yvelines, certains ouvriers en ont pourtant tiré en 2001 une version que personne n’aurait osé imaginer : un pick-up à six roues, tout droit sorti des ateliers de formation de l’usine Renault.
Née comme simple support pédagogique en tôlerie, cette Clio transformée a longtemps vécu loin des projecteurs, confinée au rang de prototype d’atelier. Jusqu’au jour où elle s’est retrouvée inscrite au catalogue d’une grande vente aux enchères, au milieu de monoplaces de Formule 1 et d’icônes de la marque au losange, avec à la clé un prix final que personne n’avait vraiment vu venir.
À l’usine Renault de Flins, une Clio II bascule en pick-up à six roues
Le décor, d’abord : l’usine Renault de Flins, berceau historique de la Clio et aujourd’hui engagée dans une reconversion en site de reconditionnement et futur musée dédié à la marque. C’est là qu’en 2001, des opérateurs de fabrication se voient confier un exercice de formation dans le domaine de la tôlerie. Leur matière première : une banale Clio II de série.

Selon la fiche de la maison de vente, "cet étonnant prototype a été réalisé en 2001 à l'usine de Flins sur la base d'une Clio II, par des opérateurs de fabrication dans le cadre de la formation dans le domaine de la tôlerie". La citadine est alors littéralement découpée à l’arrière puis rallongée afin de ménager la place d’un compartiment ouvert, façon benne de pick-up, agrémenté de deux barres de maintien. Pour supporter le poids d’une éventuelle charge, "un deuxième essieu arrière a été ajouté". Un travail mené avec soin, pensé comme un vrai cas d’école pour les tôliers de l’usine.
Comment la Renault Clio pick-up 6 roues de Flins se distingue d’une Clio ordinaire
Vue de profil, cette Renault Clio pick-up 6 roues Flins ne ressemble plus vraiment à la citadine que l’on connaît. L’empattement est visiblement rallongé, la partie arrière a laissé place à un plateau ouvert aux flancs hauts, et surtout, la voiture repose désormais sur trois essieux, dont deux à l’arrière. Le résultat donne un "pick-up Clio unique" au "look ravageur", pour reprendre les termes mis en avant lors de sa mise en vente.
La fiche du lot résume cet OVNI automobile comme un "prototype très original" et précise plusieurs points clés :
- base technique de Clio II, construite en 2001 à Flins dans le cadre d’une formation en tôlerie ;
- arrière découpé et caisse rallongée pour créer un compartiment ouvert avec deux barres de maintien ;
- ajout d’un deuxième essieu arrière, portant le total à six roues, pour mieux encaisser une charge éventuelle ;
- prototype fabriqué avec soin et bien conservé dans son état d’origine ;
- véhicule non immatriculable, non homologué pour la route, ne pouvant rouler qu’à faible vitesse.
La maison de vente précise en effet que "cet exercice de style peut rouler seulement à faible vitesse, mais, s'agissant d'un prototype, il n'est pas immatriculable et ne peut pas circuler sur la route". Aucune précision n'est donnée à ce sujet sur les raisons techniques exactes de cette limitation, ce qui renforce encore l’aura de curiosité de cette Clio pas comme les autres.
De l’atelier de Flins à la vente The Renault Icons, une trajectoire inattendue
Longtemps cantonné au statut de prototype d’usine, ce pick-up à six roues a fini par rejoindre la prestigieuse sélection de la vente "The Renault Icons". Organisée à Flins le 7 décembre 2025 par Artcurial Motorcars, cette vacation exceptionnelle rassemblait une large partie du patrimoine de la marque, des sportives Alpine aux monoplaces de Grand Prix, avec un objectif affiché : contribuer au financement du futur musée Renault sur le site de Flins et mettre en lumière l’histoire industrielle du constructeur. Le montant global de la vente a atteint près de 12 millions d’euros, avec 100 % des lots adjugés.
Dans ce contexte, la Clio pick-up à six roues était proposée "sans réserve", avec une estimation située entre 3 000 et 6 000 €. Un niveau cohérent pour un prototype non homologué, capable seulement de rouler à faible allure. Et pourtant, les enchères ont largement dépassé cette fourchette, pour atteindre 19 264 €. Un chiffre qui illustre l’appétit des collectionneurs pour ce type de curiosités, mais aussi l’attachement au patrimoine industriel français. Au moment où Renault prépare la future Clio 6 attendue pour 2026, ce drôle de pick-up à six roues rappelle qu’à Flins, la créativité ne s’est jamais limitée aux seules voitures de grande série.
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