Accidents de voiture : pourquoi les femmes se blessent bien plus que les hommes
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Accidents de voiture : pourquoi les femmes se blessent bien plus que les hommes

Yann Lethuillier 1 juin 2026

Source : Auto PlusAuteur : Yann Lethuillier

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Si vous avez déjà vu un crash-test, vous connaissez ces mannequins beiges assis sagement sur leur siège avant de percuter un mur. Ce que l'on sait moins, c'est que la version "féminine" de ce mannequin n'est, depuis des décennies, qu'un mannequin masculin rétréci, conçu pour représenter une femme très menue. Le problème ? Selon une étude publiée par l'université de technologie de Graz, 95 % des femmes sont en réalité plus grandes que ce gabarit de référence.

Les chercheurs autrichiens ont analysé des données d'accidents réels entre 2012 et 2024, puis les ont reconstituées via des tests et des modèles humains virtuels. Résultat : les femmes présentent un risque de blessures graves 60 % plus élevé que les hommes lors d'une collision et ce, même dans des impacts à vitesse plus faible. Les zones les plus touchées sont la poitrine, la colonne vertébrale, les bras et les jambes. Les femmes plus âgées se retrouvent encore plus exposées.

La raison tient moins à une fragilité intrinsèque qu'à une inadéquation structurelle : la morphologie féminine (bassin, cage thoracique, épaules, mobilité vertébrale) diffère suffisamment pour que les systèmes de sécurité calibrés sur l'homme deviennent moins efficaces, voire contre-productifs.

La position dans l'habitacle, un facteur sous-estimé

L'étude soulève également une question de géographie intérieure. Les passagères avant ont tendance à s'asseoir plus loin en arrière ou à incliner davantage leur siège que les conducteurs. Or ces petits écarts de posture suffisent à réduire l'efficacité des airbags et des ceintures, des systèmes conçus, là encore, pour un occupant dans une position de conduite standard.

S'y ajoute le fait que les femmes occupent plus fréquemment la place passager que les hommes. Une variable statistique qui, combinée aux défauts de calibration des équipements, amplifie mécaniquement leur surexposition au risque.

Des évolutions en cours, mais encore timides

Du côté des régulateurs, les États-Unis ont franchi un pas concret l'an dernier avec l'introduction officielle du mannequin THOR-05F, une référence féminine enfin construite autour d'une anatomie réaliste plutôt que d'un simple redimensionnement.

Capteurs plus précis, biomécanique revue : le dispositif est censé mieux mesurer ce que subissent réellement les corps féminins lors des chocs. C'est un progrès, même si on peut légitimement se demander pourquoi il aura fallu autant de temps. 75 ans en l'occurrence entre les premiers crash-tests et aujourd'hui.

Du côté des constructeurs, Volvo intègre sur son futur EX60 une ceinture de sécurité dite multi-adaptative, capable d'ajuster en temps réel la tension du système selon la morphologie de l'occupant, sa posture et la violence du choc. Une approche bien différente des ceintures conventionnelles, qui fonctionnent avec un nombre très limité de réglages fixes.

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