Les radars "8 en 1" débarquent dans ce pays voisin : quand l'IA surveille tout, tout le temps
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Les radars "8 en 1" débarquent dans ce pays voisin : quand l'IA surveille tout, tout le temps

Yann Lethuillier 1 juin 2026

Source : Auto PlusAuteur : Yann Lethuillier

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Quand on pense à un radar, on imagine encore la boîte grise au bord de la route, celle qu'on repère au dernier moment après le panneau d'avertissement. À Pamplone, en Espagne, cette époque semble définitivement révolue. La municipalité vient d'acquérir 4 dispositifs d'un genre nouveau, capables en théorie de détecter simultanément : l'excès de vitesse, l'usage du téléphone au volant, l'absence de ceinture, le grillage de feu rouge, l'empiètement sur un passage piéton, le stationnement interdit, les changements de voie non réglementaires et les sens interdits.

8 infractions, un seul boîtier en somme. Le tout alimenté par une caméra couleur haute résolution et des algorithmes d'intelligence artificielle qui analysent chaque véhicule en temps réel, dans les deux sens de circulation et sur plusieurs voies en même temps.

Ces appareils fonctionnent dans une plage de température allant de -30 à +70 degrés, sans cabine de protection visible, installés en hauteur sur des mâts ou des portiques. Résultat : ils ressemblent davantage à une caméra de surveillance classique qu'à un radar. Ce qui, pour les conducteurs habitués à les repérer, change pas mal les habitudes.

4 radars à 20 000 euros pièce : un investissement à sûrement rentabiliser

Chaque unité coûte 20 000 euros hors taxes, soit 80 000 euros au total pour cette première vague de 4 appareils. Un sacré investissement pour une ville de taille moyenne, et il serait naïf de ne pas poser la question du modèle économique sous-jacent. Les radars perçus uniquement comme outils de sécurité routière sont rarement les seuls leviers de financement qui motivent leur déploiement.

La ville précise que les nouveaux équipements seront d'abord installés sur 4 axes, avant de tourner entre 11 emplacements déjà équipés de radars. Ce système de rotation est présenté comme une "optimisation logistique", mais il augmente mécaniquement la couverture du réseau et, par là même, le nombre potentiel de verbalisations.

Surveillance ou sécurité : la vraie question que ces radars posent

Difficile de nier que certaines des infractions ciblées (téléphone au volant, ceinture non bouclée, feu rouge grillé) sont de vraies causes d'accidents. Sur ce point, un outil qui verbalise efficacement là où un agent humain ne peut pas être partout a une logique de sécurité publique défendable.

Mais le fait de croiser autant de données sur un même conducteur (vitesse, comportement, position dans la voie, identification de la plaque) dans un dispositif unique pose des questions sur l'étendue de la surveillance. Ce n'est plus tout à fait un radar : c'est un système d'observation du comportement au volant, automatisé et sans angle mort.

À l'heure où les villes européennes parlent de mobilité apaisée et d'espace public partagé, l'arrivée de ces équipements s'inscrit dans une tendance plus large : la délégation de la régulation du trafic à des systèmes algorithmiques. Efficace, probablement. Suffisant, pas forcément.

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