Derrière la baisse des ventes d’occasion se cache une tendance beaucoup plus surprenante
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Derrière la baisse des ventes d’occasion se cache une tendance beaucoup plus surprenante

La rédaction Auto Plus 31 mai 2026

Source : Auto PlusAuteur : La rédaction Auto Plus

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Le marché français des véhicules d'occasion vient de reprendre un sérieux coup de froid. En avril 2026, les immatriculations de voitures de seconde main ont reculé de 10,9 % par rapport à avril 2025. Elles se sont établies à 429 519 unités. Il faut remonter à 2022 pour retrouver un tel niveau, très en dessous du rythme habituel.

Sur les quatre premiers mois de l'année, le cumul atteint 1,77 million de véhicules d'occasion. Il s'agit d'un repli de 4,8 % par rapport à la même période de 2025. Toutes les tranches d'âge sont concernées par ce ralentissement, des modèles presque neufs aux véhicules les plus anciens. L'ambiance est donc plutôt au coup de frein sur le marché secondaire. Et pourtant, derrière ces chiffres en baisse, une autre courbe suit une trajectoire exactement inverse.

Un marché des voitures d'occasion en net repli, au plus bas depuis 2022

Les chiffres d'avril confirment que le trou d'air n'épargne ni les petites citadines, ni les familiales, ni les gros kilométrages. Seule exception, et de taille : les motorisations électrifiées, hybrides et surtout électriques, qui échappent à la tendance générale. Le diesel reste pourtant largement majoritaire avec environ 40 % des transactions d'occasion, devant l'essence autour de 37 %. Ces deux énergies pèsent encore près des trois quarts du marché. Leurs volumes ont reculé, laissant la scène à des motorisations plus récentes.

Côté marques, Renault garde la main sur l'occasion grâce à la Clio, toujours modèle le plus immatriculé en seconde main. Le paysage bouge pourtant : Citroën progresse de 18,9 % et Peugeot de 7,4 %. Renault recule de 12 % et Dacia de 3 %. Une redistribution des cartes qui intervient sur un marché globalement en retrait. Car pendant que les thermiques marquent le pas, certains modèles électrifiés montent en puissance. Ils occupent désormais une place très visible dans les statistiques.

Quand la voiture électrique d’occasion déjoue la crise du marché

Derrière la baisse globale, la vraie histoire se joue donc chez les véhicules zéro émission. En avril, les immatriculations de voitures électriques d'occasion ont bondi de 62,4 %. 26 182 unités ont été écoulées, contre seulement 16 123 un an plus tôt. Leur part reste modeste. Elle a quasiment doublé en un an pour approcher 6 % du marché de l'occasion, contre environ 3,3 % auparavant. Le mouvement ne date pas d'hier. En mars déjà, ce type de modèle avait atteint un record avec plus de 20 000 ventes. La hausse atteignait alors 43 % sur un an. Au premier trimestre 2026, près de 51 000 voitures électriques de seconde main ont ainsi changé de mains. Cela représente environ 27 % de mieux qu'au début de 2025. Comme le détaillait Vincent Hancart, Directeur Général d'AutoScout24 France : "Le 100 % électrique s'impose avec un nouveau record. La conjoncture actuelle agit comme un catalyseur d'intérêt pour les motorisations électrifiées".

Le podium de cette vague électrique en dit long. En avril, Renault domine le marché de la voiture électrique d’occasion avec 2 636 Zoé immatriculées. Derrière, on retrouve la Peugeot e‑208 (2 301) et la Fiat 500e (1 358). La Renault Mégane électrique affiche une progression de 197 % et la Dacia Spring grimpe de 102 %. Cela montre que l'offre récente arrive en force sur le segment des véhicules de deux à cinq ans. Sur cette tranche d'âge, l'électrique approche déjà 19 % des ventes. Les prix suivent le mouvement. Une électrique de moins de trois ans se négocie en moyenne 15 à 20 % moins cher que le neuf hors bonus. Le ticket moyen tourne autour de 32 000 à 33 000 €. Le recul général d'environ 5 % des prix de l'occasion se combine à la flambée des carburants. L'équation rend ces modèles bien plus accessibles à de nombreux automobilistes. Enquête à l'appui, environ 60 % des revendeurs prévoient pourtant encore une baisse des prix des électriques d'occasion en 2026. Certains demandent aussi l'extension du leasing social au marché de la seconde main pour écouler ces stocks en hausse.

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