Guerre des prix en Chine, concurrence féroce : BYD voit ses profits s'effondrer de moitié
Source : Auto Plus — Auteur : Yann Lethuillier
Voir l'article originalSur les 3 premiers mois de l'année, BYD a engrangé 4,08 milliards de yuans de bénéfice net, soit environ 510 millions d'euros, en recul de 55 % sur un an. Le chiffre d'affaires, lui, s'établit à un peu plus de 150 milliards de yuans, en baisse de près de 12 % par rapport à la même période l'an dernier. Ce n'est pas la débâcle, mais ce n'est pas non plus la bonne santé affichée d'un groupe qui se targue d'être le champion mondial de l'électrique.
Il faut replacer ces chiffres dans un contexte plus large. Sur l'ensemble de l'année 2025, BYD avait déjà enregistré un recul de son bénéfice net annuel de 19 %. Le premier trimestre 2026 ne fait donc pas figure d'accident isolé, mais s'inscrit dans une tendance plus profonde.
La Chine, un marché qui devient de plus en plus compliqué
Le paradoxe de BYD, c'est d'être victime en partie de son propre succès. L'essor fulgurant des véhicules électriques en Chine a attiré des dizaines de marques locales qui se disputent désormais le même gâteau. La compétition se joue à coups de technologies embarquées, d'innovations logicielles et surtout de baisses de prix agressives. Cette guerre tarifaire sans merci grignote mécaniquement les marges, même pour les acteurs les mieux positionnés.
À cela s'ajoute un contexte macroéconomique peu favorable sur le marché domestique : une consommation des ménages atone et la réduction progressive des aides à l'achat de véhicules électriques. Autant de facteurs qui ralentissent la dynamique commerciale en Chine, là même où BYD a construit sa puissance. Le groupe reste néanmoins un fleuron de l'industrie chinoise, porté par une expertise reconnue dans les batteries, mais l'avance technologique ne suffit plus à protéger les bénéfices quand le marché se dérègle.
L'Europe comme horizon, mais pas comme remède miracle
Face à ces vents contraires à domicile, BYD (comme nombre de ses concurrents chinois) se tourne de plus en plus vers l'international. Aux États-Unis, la porte est largement fermée par des droits de douane dissuasifs. Mais en Europe, en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient, la progression se poursuit. En mars 2026, selon l'Association des constructeurs européens d'automobiles, BYD a doublé ses ventes dans l'Union européenne sur un an, et ce malgré les surtaxes douanières imposées par Bruxelles sur les véhicules électriques fabriqués en Chine.
Une performance à nuancer toutefois : doubler des volumes encore modestes reste plus accessible que conquérir durablement des parts de marché face à des constructeurs locaux bien implantés. L'Europe est une piste de dégagement, pas une solution structurelle à court terme.
Ces résultats ont été dévoilés en plein Salon de Pékin, le plus grand salon automobile du monde, où les marques chinoises de l'électrique tiennent clairement la vedette. Un symbole qui ne règle pas la question de fond : comment BYD, désormais premier vendeur mondial de voitures électriques avec 2,26 millions d'unités écoulées en 2025, peut-il transformer ce leadership en rentabilité durable ?
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