Les constructeurs automobiles chinois vont tripler leur production à l'étranger
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Les constructeurs automobiles chinois vont tripler leur production à l'étranger

Matteo Mercier 29 avril 2026

Source : Auto PlusAuteur : Matteo Mercier

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Le marché intérieur asiatique ne suffit plus à rassasier l'appétit féroce de ses propres constructeurs. Pris à la gorge par une bataille des prix sanglante qui rogne leurs profits jusqu'à l'os, ces derniers cherchent une échappatoire viable pour écouler leurs stocks et maintenir la cadence de leurs chaînes de montage. Ce salut passe aujourd'hui par une industrialisation sur d'autres continents. Le schéma d'hier, consistant à fabriquer à domicile pour inonder la planète, cède la place à un enracinement local profond.

Un exode forcé pour fuir le carnage

Dans les coulisses de l'industrie pékinoise, l'heure n'est vraiment pas à la fête. Les acteurs locaux s'entre-tuent à coups de rabais, au point de faire plonger la valeur de leurs voitures neuves d'un cinquième en seulement 24 mois. Ce bain de sang détruit les marges de l'ensemble de la filière et laisse les usines d'assemblage tourner à moitié de leurs capacités réelles. Face à ce gâchis monumental, le cabinet AlixPartners estime que la seule porte de sortie consiste à déplacer l'outil de production au-delà des frontières nationales. Ainsi, d'ici la fin de la décennie, les volumes fabriqués à l'étranger devraient quasiment tripler, frôlant la barre des 3,4 millions d'unités annuelles. L'idée maîtresse est d’implanter des lignes de montage dans au moins 16 pays différents pour s'assurer de nouveaux relais de croissance. L'Amérique du Sud sert d'ailleurs de formidable laboratoire grandeur nature pour tester cette offensive. Sur ces terres lointaines, les marques de l'Est ont littéralement phagocyté la concurrence, s'accaparant un cinquième des ventes automobiles globales et dépassant allègrement la barre des 50 % sur le créneau très convoité de l'électrique. Forts de cette percée foudroyante, les grands patrons asiatiques braquent désormais leur viseur vers l'Europe, une zone complexe, saturée, mais terriblement rémunératrice pour ceux qui savent maîtriser les coûts de revient.

L'Europe, le nouveau terrain de bataille

L'Union européenne a bien tenté de fermer les vannes en brandissant la menace de droits de douane grimpant jusqu'à 45,3 % pour des marques comme MG. Dans ce cas, au lieu de payer le prix fort à l'importation, autant fabriquer les modèles directement sur le sol européen. BYD, par exemple, pose ses valises en Hongrie avec une toute nouvelle usine et prospecte activement du côté de l'Espagne pour un deuxième site. Chery, de son côté, ressuscite un ancien complexe Nissan à Barcelone pour y assembler ses propres modèles en partenariat avec des acteurs locaux.

Et quand ils ne bâtissent pas de nouvelles infrastructures de A à Z, ils s'invitent tout bonnement chez les nôtres. Stellantis a décidé d'ouvrir en grand les portes de ses installations espagnoles à son jeune allié Leapmotor. Même la firme américaine Ford réfléchit sérieusement à céder les clés de son complexe de Valence au groupe Geely. Les cartes de la production automobile sur notre continent sont en train d'être rebattues à une vitesse ahurissante.

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