Pas de pénurie à ce stade… mais le carburant reste sous surveillance face aux tensions au détroit d’Ormuz
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Pas de pénurie à ce stade… mais le carburant reste sous surveillance face aux tensions au détroit d’Ormuz

La rédaction Auto Plus 29 avril 2026

Source : Auto PlusAuteur : La rédaction Auto Plus

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Les automobilistes français regardent leur jauge avec un œil un peu plus attentif que d’habitude. Entre les tensions au détroit d’Ormuz, les propos alarmants du patron de TotalEnergies et les messages rassurants du gouvernement, le mot de pénurie de carburant s’est invité dans toutes les conversations, des parkings d’hypermarché jusqu’aux comptoirs des aéroports.

Car au même moment où les réservations pour l’été s’envolent, les autorités assurent qu’il n’y a "aucun risque de pénuries" sur l’essence, le diesel ou le kérosène "pour les semaines à venir", tout en reconnaissant suivre la situation "comme le lait sur le feu". Les moteurs tournent donc normalement, mais l’équation se complique dès qu’on regarde un peu plus loin que la prochaine facture à la pompe… et surtout si le couloir énergétique d’Ormuz reste bloqué encore plusieurs mois.

Pénurie de carburant : ce que disent l’État et TotalEnergies

Tout est parti d’une phrase prononcée par Patrick Pouyanné à Chantilly, lors de la World Policy Conference. Le président-directeur général de TotalEnergies a prévenu que "si la situation perdure encore deux ou trois mois, nous entrerons dans une ère de pénurie énergétique, comme celle que subissent déjà certains pays asiatiques". Il a ajouté que "la pénurie n’est pas encore présente dans le bassin Atlantique […] mais on ne peut pas se permettre de laisser 20 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz inaccessibles sans conséquences majeures". Pour lui, "tout dépend donc de la durée. […] La résolution du problème du détroit d’Ormuz est un enjeu crucial".

Des propos qui ont aussitôt fait réagir l’exécutif. Emmanuel Macron a affirmé que, "à ce jour, la situation ne nous fait envisager aucune pénurie", tout en mettant en garde : "la pire des choses, dans ces moments-là où il y a des tensions, de l’incertitude géopolitique, c’est que ces tensions soient accrues par des comportements de panique". "Bien souvent, la pénurie, on la crée par ces comportements de panique eux-mêmes", a-t-il insisté.

Roland Lescure a enfoncé le clou en estimant que "même Patrick Pouyanné, qui je pense n’est plus tout à fait dans son rôle quand il inquiète avec la menace d’éventuelles pénuries, rajoute bien un certain nombre de si à sa déclaration", avant de rappeler : "Et je ne sais pas et lui non plus ce qu’il en sera dans trois mois, donc il faut qu’on se prépare à tout, au pire mais aussi au meilleur". Une façon de dire que le risque existe dans le temps, mais pas à l’instant T.

Détroit d’Ormuz, kérosène et stocks : un équilibre encore fragile

Dans ce bras de fer discret entre discours d’alerte et volonté de ne pas affoler, un carburant concentre l’attention des décideurs : le kérosène. Roland Lescure l’a rappelé, "le sujet potentiel est le kérosène, puisqu’un peu plus de 20 % du kérosène est importé du Golfe". Autrement dit, les avions sont bien plus directement exposés aux tensions au détroit d’Ormuz que les automobilistes qui font le plein d’essence ou de diesel. Le gouvernement a déjà commencé à réunir les compagnies aériennes pour "faire le point sur la préparation de l’été", après l’annulation de 2 % des vols de Transavia en mai et juin, un petit chiffre mais un premier signal que le secteur prend très au sérieux.

Pour l’instant, les stations-service restent largement alimentées. Le gouvernement rappelle qu’"à ce stade, […] le sujet est plus un sujet de prix, que d’approvisionnement". Et il met en avant le matelas des stocks stratégiques. "Si jamais on faisait face à des enjeux d’importation […] on a trois mois de stocks stratégiques", assure Roland Lescure. Maud Bregeon précise que ces réserves représentent "100 millions de barils, nous en avons libéré moins de 2 %".

L’exécutif dit aussi vouloir augmenter le raffinage pour sécuriser encore davantage l’approvisionnement. "Depuis le début, on travaille en bonne intelligence avec Total, ils font le job dans la crise, Roland Lescure l’a déjà salué, mais là, il est allé un cran trop loin, un cran trop tôt", résume un conseiller, avant de glisser : "Le problème qu’on a, c’est si ça dure." Une phrase qui résume bien l’état d’esprit du moment, entre routes encore fluides… et horizon chargé d’incertitudes.

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