Porsche renoue avec les bénéfices grâce au thermique, mais ne suivra pas Audi en Amérique
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Porsche renoue avec les bénéfices grâce au thermique, mais ne suivra pas Audi en Amérique

Matteo Mercier 29 octobre 2026

Source : Auto Plus — Auteur : Matteo Mercier

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Chez Porsche, on a longtemps cru que l'avenir serait 100% électrique. La marque a misé gros sur la Taycan, puis sur le Macan sans moteur thermique. Mais les clients n'ont pas suivi au rythme espéré, et la Chine a boudé les voitures de luxe allemandes. Ajoutez à cela les taxes américaines sur les voitures importées, et vous obtenez un cocktail très amer pour Stuttgart. La direction a donc changé de cap, en redonnant de la place au moteur à essence. Au même moment, Audi, la marque sœur, a annoncé une usine américaine aux côtés de Donald Trump. Porsche est-il vraiment tiré d'affaires, et va-t-il lui aussi traverser l'Atlantique ?

Moins de voitures, mais beaucoup plus d'argent

Porsche a publié ses comptes des neuf premiers mois de l'année. Le contraste avec 2025 est saisissant. Le bénéfice d'exploitation atteint 1,74 milliard d'euros, contre 40 millions seulement un an plus tôt. Ce bénéfice d'exploitation, c'est ce que l'entreprise gagne avec son activité, avant les frais financiers et les impôts. Pour faire simple, sur 100 euros encaissés, Porsche en garde désormais près de sept, contre quelques centimes en 2025. Le chiffre d'affaires, lui, recule pourtant de près de 6 %, à 25,3 milliards d'euros. Autrement dit, la marque vend moins, mais gagne bien davantage. Il y a une explication simple à ce paradoxe. En 2025, Porsche avait englouti environ 2,7 milliards d'euros dans sa réorganisation. Cette facture est tombée à environ 500 millions d'euros sur la même période de 2026. Le constructeur a aussi encaissé près d'un milliard d'euros en vendant sa participation dans Bugatti Rimac, ce qui gonfle sa trésorerie.

Côté ventes, le tableau reste pourtant assez noir. Porsche a livré 178 532 voitures en neuf mois, soit 16 % de moins qu'un an plus tôt. La Chine s'effondre, avec un tiers de livraisons en moins. L'Amérique du Nord, premier marché de la marque, recule aussi de 13 %. En Europe, la baisse est plus modérée, autour de 7 % en Allemagne et 11 % dans les autres pays. Comment gagner plus en vendant moins ? En vendant plus cher ! Les clients choisissent davantage les versions haut de gamme et les options, qui rapportent gros. La 911 en est le parfait exemple, avec des ventes en hausse de 12 % malgré la crise. À l'inverse, les Taycan et Panamera reculent d'environ un tiers. Le virage vers le thermique se lit déjà dans les chiffres. Plus de la moitié des Macan livrés depuis janvier ont un moteur à essence, alors que la version électrique devait prendre le relais.

Pourquoi Porsche ne suivra pas Audi en Amérique

Audi avait fait une annonce bien plus spectaculaire. Le 24 octobre, son patron Gernot Döllner est monté sur scène aux côtés de Donald Trump, lors d'un meeting de campagne en Géorgie. Audi va investir 4,2 milliards de dollars dans une usine capable de produire 200 000 voitures par an. Le site doit créer environ 4500 emplois. Les travaux démarreront en 2027, pour une production au début des années 2030. Donald Trump attribue cette décision à sa politique de droits de douane. Une question s'est alors vite posée. Porsche et Audi appartiennent au même groupe Volkswagen. Le constructeur de Stuttgart allait-il profiter de cette usine pour produire lui aussi aux États-Unis ?

Depuis, la réponse est tombée lors de la présentation des résultats. C'est NON. Jochen Breckner, le directeur financier de Porsche, juge les volumes de la marque trop faibles pour justifier une production sur place. Même en assemblant ses voitures en Amérique, Porsche devrait continuer d'y exporter ses moteurs et de nombreuses pièces, a-t-il expliqué. L'économie réalisée sur les taxes fondrait donc rapidement. Le dirigeant préfère construire ses prévisions en partant du principe que les droits de douane de 15 % resteront en place. Toutes les Porsche vendues aux États-Unis continueront donc d'être fabriquées en Europe, puis expédiées par bateau. Le Cayenne, l'un des modèles les plus vendus de la marque, n'aura pas de ligne de production américaine. Les usines européennes de Porsche gardent donc toute la production.

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