Smartphone au volant : dès le 1er mai 4 départements appliqueront la suspension immédiate du permis, à quand les autres ?
Source : Auto Plus — Auteur : La rédaction Auto Plus
Voir l'article originalEn traversant certains départements, un simple coup d’œil à votre téléphone peut désormais vous coûter bien plus qu’une amende. Dès le 1er mai 2026, un nouveau département va serrer la vis contre le smartphone au volant, avec à la clé une suspension immédiate du permis décidée par le préfet.
Partout en France, l’usage d’un téléphone tenu en main en conduisant est déjà interdit. Il expose à une amende de 135 € et à un retrait de trois points sur le permis. "Chaque année, le téléphone est à l'origine de nombreux accidents graves et multiplie par 3 le risque d'accident". La police nationale le rappelle sur ses réseaux sociaux. Et là, dans quatre départements, la sanction monte encore d’un cran, avec une question en embuscade : jusqu’où cette sévérité sera-t-elle étendue au reste du pays ?
Smartphone au volant : ce qui change déjà dans quatre départements
Quatre départements métropolitains ont déjà basculé dans ce régime beaucoup plus strict. Les Landes, le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais et la Charente-Maritime appliquent désormais une suspension immédiate du permis de conduire en cas d’usage du téléphone au volant. Dans ces territoires, "le simple fait de manipuler son téléphone en conduisant entraînera une suspension immédiate du permis de conduire", indique la préfecture de Charente-Maritime.
Concrètement, cela vise l’utilisation active du smartphone. Si un policier ou un gendarme constate que le conducteur a le téléphone en main ou le manipule en roulant, la rétention du permis est enclenchée. Les écouteurs sont aussi proscrits. À l’inverse, regarder l’écran pour un guidage GPS sans le toucher n’est pas considéré comme une infraction, tout comme l’usage du téléphone en mode "main libre" en haut-parleur, qui reste "toléré" s’il ne conduit pas à un comportement dangereux.
- Landes : expérimentation lancée en novembre 2025, suspension possible jusqu’à six mois pour téléphone au volant.
- Lot-et-Garonne : mesure en vigueur depuis le 1er février 2026, suspension jusqu’à six mois selon la situation.
- Pas-de-Calais : suspension administrative limitée à deux mois maximum pour le seul usage du téléphone en conduisant.
- Charente-Maritime : entrée en vigueur le 1er mai 2026, suspension jusqu’à six mois et contribution citoyenne de 200 €.
Dans les Landes, où la suspension immédiate est en place depuis novembre 2025, la préfecture indique que la mesure a déjà donné lieu à la suspension de 200 permis. En Charente-Maritime, une campagne de sensibilisation a été menée en avril pour prévenir les automobilistes avant le passage à ce régime répressif au 1er mai.
A partir du 1er mai, la suspension de permis sera immédiate si vous utilisez le téléphone au volant dans certains départements : le Pas-de-Calais, le Lot-et-Garonne, les Landes et la Charente-Maritime.
Chaque année, le téléphone est à l’origine de nombreux accidents graves et… pic.twitter.com/pHqxKzmC13— Police nationale (@PoliceNationale) April 26, 2026
Et ailleurs : quelles sanctions aujourd’hui, et les autres départements suivront-ils ?
Derrière ce tour de vis local, les préfectures mettent en avant la sécurité routière. En Charente-Maritime, la préfecture rappelle que, pour 2025, l’usage du téléphone au volant est impliqué dans "15 % des accidents mortels, ce qui représente 7 morts sur 45". Elle ajoute que, dans ce département, les contrevenants devront "s’acquitter d’une contribution citoyenne auprès d’une association d’aide aux victimes d’un montant de 200 €, supérieur à celui de l’amende forfaitaire". À l’échelle nationale, Capital rappelle qu’en 2024, 12 % des accidents mortels étaient liés au téléphone au volant et que 419 personnes ont perdu la vie dans ces circonstances, un chiffre qui pèse lourd dans les choix des préfets.
Reste la question du reste du pays. Dans tous les autres départements, la règle de base ne change pas : téléphone en main ou écouteurs au volant restent passibles d’une amende forfaitaire de 135 € et d’un retrait de trois points. Un décret publié en mai 2021 prévoit déjà que le fait de tenir un téléphone à la main en commettant une autre infraction, comme un excès de vitesse ou le non-respect d’une priorité, peut entraîner "la rétention immédiate du permis de conduire qui pourra être suivie d’une suspension administrative pour une durée maximale de six mois". L’avocat Rémy Josseaume précise à ce sujet : "Dans ce cas, le préfet peut suspendre le permis, mais a un délai de 72 heures pour le faire. C’est très borné et considéré comme une procédure d’urgence".
Pour la nouvelle vague de suspensions automatiques en cas de smartphone au volant seul, le ministère de l’Intérieur renvoie clairement au niveau local. Contacté par BFM Tech, il indique : "En terme de réglementation, le préfet s'appuie sur l'article L224-7 du code de la route. Cette mesure décidée au niveau local par le préfet, est une sanction administrative qui s'ajoute à l'infraction téléphone au volant". En d’autres termes, chaque préfet peut prendre un arrêté similaire s’il le juge nécessaire. D’autres départements réfléchissent actuellement à mettre en place une réglementation similaire"
Pour l’instant, aucune généralisation nationale n’est annoncée. La France roule donc avec une carte des sanctions à géométrie variable : quatre départements où un simple geste vers son téléphone peut faire tomber le permis sur-le-champ, et le reste du territoire où le régime classique continue de s’appliquer, tout en laissant déjà une marge de manœuvre aux préfets en cas d’infractions cumulées. Une situation qui pourrait évoluer vite si les chiffres d’accidents ne se calment pas.
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