Téléphone au volant : c'est désormais une suspension immédiate du permis dans ces 4 départements
Source : Auto Plus — Auteur : La rédaction Auto Plus
Voir l'article originalUn appel qui vibre, une notification qui s’affiche, la tentation de jeter un œil… et, désormais, votre permis qui peut tomber aussitôt. La lutte contre le téléphone au volant franchit une nouvelle étape avec une mesure bien plus radicale que la simple amende et le retrait de points.
À partir de ce vendredi 1er mai, dans une partie de la France, le simple fait de manipuler son smartphone en conduisant pourra vous valoir une suspension immédiate du permis. Quatre départements sont concernés, chacun avec son calendrier et ses règles, tandis que le reste du pays reste pour l’instant sur le régime classique des 135 euros et des 3 points. Et ce durcissement ne tombe pas du ciel…
Téléphone au volant : ce qui change concrètement dans ces 4 départements
Une nouvelle sanction qui s’appuie sur le Code de la route
Dans les Landes, le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais et, à partir du 1er mai, en Charente-Maritime, les préfets utilisent désormais la possibilité de suspension administrative du permis de conduire prévue par le Code de la route. La préfecture de Charente-Maritime rappelle d’ailleurs que "Cette mesure s’appuie sur les dispositions du Code de la route permettant une suspension administrative du permis de conduire", précise la préfecture de Charente-Maritime, citée par Le Dauphiné.
Ces quatre départements ont tous suivi la même logique : une phase de pédagogie, puis le passage au régime répressif. Les Landes ont ouvert la voie avec une expérimentation lancée en novembre 2025, après un mois d’avertissements sans sanction. Le Lot-et-Garonne a appliqué la même recette, avec une entrée en vigueur au 1er février 2026. Le Pas-de-Calais a emboîté le pas au début du mois de février, et la Charente-Maritime complète le quatuor avec une large campagne de sensibilisation en avril, avant le coup de vis du 1er mai.
Téléphone en main : une suspension immédiate du permis
Dans ces territoires, la règle est claire : à compter de ce vendredi 1er mai en Charente-Maritime, "le simple fait de manipuler son téléphone en conduisant entraînera une suspension immédiate du permis de conduire", indique la préfecture. Autrement dit, plus besoin d’une autre infraction (excès de vitesse, feu rouge, ligne continue…) pour risquer une suspension : le téléphone en main suffit.
Les conséquences ne sont toutefois pas exactement les mêmes partout. La durée maximale de suspension peut aller jusqu’à six mois dans les Landes, le Lot-et-Garonne et la Charente-Maritime, alors qu’elle est plafonnée à deux mois dans le Pas-de-Calais. À cela s’ajoutent la contravention de 4e classe déjà prévue au niveau national, soit 135 euros d’amende (90 euros en cas de paiement minoré) et un retrait de 3 points.
Des sanctions variables selon les départements
En Charente-Maritime, une couche supplémentaire est prévue : une contribution citoyenne de 200 euros, versée à une association d’aide aux victimes de la route, vient s’ajouter à ces sanctions financières.
- Landes : expérimentation depuis novembre 2025, suspension immédiate jusqu’à 6 mois pour téléphone au volant.
- Lot-et-Garonne : mesure en vigueur depuis le 1er février 2026, suspension jusqu’à 6 mois, graduée selon la situation.
- Pas-de-Calais : suspension administrative possible jusqu’à 2 mois pour le seul usage du téléphone en conduisant.
- Charente-Maritime : à partir du 1er mai 2026, suspension immédiate jusqu’à 6 mois et contribution citoyenne de 200 euros.
Pourquoi ces départements serrent la vis : risques et chiffres clés
Un bilan humain qui pousse à durcir les sanctions
Si ces quatre départements ont décidé de traiter le téléphone au volant comme une infraction pouvant entraîner à elle seule une suspension immédiate du permis, c’est d’abord parce que le bilan humain est lourd. Selon la préfecture de Charente-Maritime, l’usage du téléphone au volant est impliqué dans 15 % des accidents mortels du département, soit 7 morts sur 45 en 2025. La police nationale rappelle de son côté que chaque année, le téléphone est à l’origine de nombreux accidents graves et multiplie par 3 le risque d’accident.
Les études citées par les autorités vont encore plus loin : le simple fait de téléphoner en conduisant multiplie le risque d’accident par 3, et la lecture d’un message texte au volant le multiplierait par 23. Un chiffre qui fait réfléchir quand on sait que beaucoup de trajets du quotidien se font sur des routes monotones, où la tentation de "jeter un œil vite fait" est forte.
Une expérimentation déjà jugée efficace sur le terrain
Dans les Landes, département pionnier, les premiers résultats de l’expérimentation ont d’ailleurs frappé les esprits. Entre le 1er novembre 2025 et le 31 janvier suivant, environ 200 permis ont été suspendus uniquement pour usage du téléphone au volant.
Et là, les comportements ont commencé à changer : les infractions relevées ont reculé progressivement, avec environ -4 % en octobre, -10 % en novembre, puis -28 % en décembre, soit plus de 12 % de baisse sur le dernier trimestre 2025. Une tendance que les pouvoirs publics mettent en avant pour justifier l’extension du dispositif à d’autres territoires.
Une tendance nationale qui confirme le durcissement
Au niveau national, les indicateurs vont dans le même sens. Les infractions liées au téléphone au volant augmentent nettement : selon les données de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, le nombre de procès-verbaux a progressé d’environ 6,3 % en 2024 par rapport à 2023, et de près de 49 % par rapport à 2017. On parle de plusieurs centaines de milliers de PV chaque année, un volume qui pèse lourd dans le total des points retirés sur les permis français.
L’inattention liée aux écrans apparaît désormais dans près d’un quart des accidents corporels, avec près de 390 morts en 2023 imputés à ce facteur. Car au fond, pour les automobilistes comme pour les motards, ces nouvelles règles locales en Charente-Maritime, dans les Landes, le Lot-et-Garonne et le Pas-de-Calais s’inscrivent dans une tendance plus large : transformer le smartphone, objet du quotidien, en symbole d’un risque que les autorités ne veulent plus laisser passer.
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