Volvo annonce 2 500 suppressions de postes : son usine de Gand en Belgique pourrait changer de rôle
Actualités

Volvo annonce 2 500 suppressions de postes : son usine de Gand en Belgique pourrait changer de rôle

Matteo Mercier 29 octobre 2026

Source : Auto Plus — Auteur : Matteo Mercier

Voir l'article original

Volvo a longtemps fait figure de bon élève de l'électrique. Le constructeur suédois, propriété du chinois Geely, a su séduire avec des modèles électriques. En France, ses concessionnaires croulent sous les commandes. Mais une marque internationale ne vit pas que de l'Europe. Aux États-Unis comme en Chine, le terrain s'est dérobé sous ses roues. La direction a donc dû trancher, et une grande usine européenne se retrouve au cœur des interrogations. Que se passe-t-il vraiment chez Volvo, et qu'est-ce que cela change pour ses salariés et ses clients ?

Un trimestre dans le rouge

Volvo Cars a publié ses comptes du troisième trimestre. Son chiffre d'affaires a fondu de près d'un quart sur un an, à 66,9 milliards de couronnes suédoises. Cela représente environ 6 milliards d'euros. Surtout, le constructeur passe dans le rouge. Il affiche une perte nette d'environ 513 millions d'euros, contre un bénéfice d'environ 405 millions un an plus tôt. Les sorties d'argent sont aussi très importantes, puisque la trésorerie a reculé d'environ 800 millions d'euros sur le trimestre. Le paradoxe, c'est que l'électrique se porte très bien. Les voitures 100 % électriques représentent désormais près d'une Volvo sur trois vendues dans le monde. En Europe, cette part grimpe même à 45 %. Le nouvel EX60 a déjà réuni plus de 50 000 commandes sur le continent. Mais sa production démarre plus lentement que prévu, ce qui freine les livraisons.

Les vraies difficultés se trouvent ailleurs. En Chine, le chiffre d'affaires de Volvo a été divisé par deux en un an, face à la concurrence. La réponse ne s'est pas fait attendre. Volvo va supprimer environ 2500 postes dans le monde, dont 2000 en Suède. Le constructeur compte surtout mettre fin à des contrats de consultants, ne pas remplacer certains départs et proposer des départs ciblés. Il ajoute un nouveau plan d'économies d'environ 450 millions d'euros, dont les effets complets sont attendus fin 2027. Ce n'est pas le premier tour de vis. La marque avait déjà lancé un plan d'environ 1,6 milliard d'euros en 2025. Il prévoyait quelque 3000 suppressions de postes. Ces nouveaux départs s'ajoutent donc à une première vague déjà douloureuse.

L'usine de Gand pourrait accueillir des voitures Geely

Dans son plan, Volvo veut concentrer sa production sur cinq usines dédiées à ses propres modèles. Deux sites font exception. Volvo étudie la possibilité d'assembler d'autres marques du groupe Geely à Chengdu, en Chine, et à Gand, en Belgique. Gand n'est pas une usine comme les autres. C'est le dernier site de production automobile du pays, et il emploie plus de 6000 personnes. En 2025, il a produit 212 177 voitures. On y fabrique notamment l'EX30, le V60, l'EX40 et l'EC40. Le constructeur y avait installé l'EX30 pour produire au plus près de ses clients européens. L'EX40 et l'EC40 pourraient à terme partir vers la nouvelle usine slovaque de Košice, d'après la VRT, l'audiovisuel public flamand. Volvo ne l'a pas confirmé. Dans ce contexte, accueillir des modèles d'une autre marque permettrait de remplir les chaînes. La direction belge de Volvo a indiqué examiner en interne les conséquences des mesures annoncées.

Pour la Belgique, l'enjeu est énorme. Au printemps, la Flandre avait proposé jusqu'à 119 millions d'euros d'aides pour garder Volvo à Gand. En juillet, le constructeur s'est engagé à investir dans le site, en échange de ce soutien. Ces aides ne seront versées que si les investissements promis voient réellement le jour. L'idée d'y produire des voitures Geely n'est pas nouvelle. Elle circulait déjà en juillet, quand l'usine cherchait de nouveaux modèles ou des volumes supplémentaires. Volvo a déjà annoncé d'autres déplacements de production. Le XC60 sera ainsi fabriqué à Charleston, aux États-Unis, à partir du premier trimestre 2027. Rien n'est toutefois décidé, ni sur les marques concernées, ni sur le calendrier. Volvo ne précise pas non plus combien des 500 suppressions de postes hors de Suède toucheront la Belgique. L'usine reste donc suspendue aux choix du groupe. Les salariés de Gand devront patienter avant d'y voir plus clair.

La vidéo à voir

850 000 plaques dans la nature ? Une fuite qui pourrait faciliter les arnaques

Auto Plus · 28 oct.

Cet article provient de Auto Plus. Lire l'article original →

Articles similaires