Audi est contraint de rappeler ses e-tron et e-tron Sportback à cause des freins
Source : Auto Plus — Auteur : Matteo Mercier
Voir l'article originalL'industrie automobile nous a habitués aux bugs logiciels, aux écrans noirs et aux soucis de batteries nécessitant de simples mises à jour à distance. De temps à autre, la bonne vieille mécanique vient rappeler aux constructeurs que le diable se cache souvent dans les détails d'assemblage les plus primaires. Pour la marque aux anneaux, le réveil est plutôt rude en ce printemps 2026. L'ancien fleuron électrique de la gamme, assemblé jusqu'à la fermeture de l'usine de Forest en Belgique, se retrouve sous le coup d'une vaste investigation des autorités de sécurité routière. Loin des pépins électroniques habituels, le dossier qui atterrit sur le bureau des ingénieurs bavarois relève de la sécurité absolue de n'importe quel engin roulant.
Une vis desserrée
On parle ici d'une anomalie qui touche directement à la survie à bord. Le défaut cible la fixation reliant la tige de poussée de la pédale au servofrein. En clair, un problème de serrage lors de la fabrication chez le fournisseur peut provoquer la déconnexion complète de la commande. Les documents officiels confirment l'étendue du problème avec près de 96 000 unités convoquées dans les ateliers à travers le monde. Sont pointées du doigt les versions e-tron et e-tron Sportback sorties des chaînes entre février 2018 et juin 2024. Le volume englobe par conséquent les modèles rebaptisés Q8 e-tron lors de leur restylage. Avant de perdre totalement la maîtrise de son véhicule, le conducteur pourrait percevoir des bruits inhabituels ou constater un mauvais retour de la course sous son pied. Par chance, aucun dommage corporel ni accident grave n'a été recensé jusqu'à présent. L'intervention, entièrement gratuite, s'avère d'ailleurs expéditive. Les mécaniciens se contentent d'inspecter l'axe de la vis et de lui appliquer le couple de serrage prescrit par l'usine. Aucun changement de pièce coûteuse n'est exigé, ce qui soulagera sans doute le département financier d'Audi.
Une carrière assez houleuse
Ce rappel d'envergure sonne comme un ultime caillou dans la chaussure pour un modèle dont la fin de carrière s'est révélée particulièrement rude. Fin février 2025, la production bruxelloise s'arrêtait définitivement, plombée par une chute de la demande et des contraintes logistiques lourdes. Le SUV, qui devait incarner le renouveau branché d'Ingolstadt à ses débuts, tire sa révérence sur un bilan global terne. Ce pépin de servofrein s'ajoute à un carnet de santé déjà bien rempli par d'autres soucis techniques. Rien qu'aux États-Unis, la voiture comptabilise 14 campagnes de rappels depuis son lancement, sans compter les innombrables bulletins de service émis par le réseau.
Cette affaire soulève de vraies questions sur la fiabilité des contrôles qualité en bout de chaîne. Le constructeur avait d'ailleurs déjà cerné des déviations sur cette fameuse station de vissage en 2024, initiant une première vague de corrections sur un petit lot de véhicules. Sauf que les mailles du filet étaient trop larges. De nouvelles investigations menées en début d'année 2026, suite à l'analyse de composants retournés sous garantie, ont prouvé que le mal était plus profond. La marque a donc dû revoir sa copie en urgence et élargir la traque aux véhicules suspects. Une faille de traçabilité flagrante qui ternit l'image de rigueur tant vantée par les firmes d'outre-Rhin. L'électrification force les industriels à repenser l'automobile de fond en comble, mais le respect des fondamentaux d'assemblage pardonne encore moins les approximations à l'heure où les véhicules pèsent toujours plus lourd sur la balance.
Cet article provient de Auto Plus. Lire l'article original →




