L'une des usines mythiques de Volkswagen dans le viseur d'une marque chinoise ?
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L'une des usines mythiques de Volkswagen dans le viseur d'une marque chinoise ?

Yann Lethuillier 5 mai 2026

Source : Auto PlusAuteur : Yann Lethuillier

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La Gläserne Manufaktur, plus communément appelée l'usine de verre, a tiré sa révérence le 16 décembre 2025. Il s'agit de la première fermeture d'un site de production Volkswagen en Allemagne depuis 88 ans. Dans ces ateliers transparents, ouverts au regard des passants, on a assemblé des Phaeton, des e-Golf, puis des ID.3. Aujourd'hui, les chaînes sont à l'arrêt. Le site doit partiellement se reconvertir en campus technologique, en partenariat avec l'université technique de Dresde.

Mais une friche industrielle aussi symbolique, au cœur de l'Allemagne automobile, ça ne passe pas inaperçu. Selon le site CarNewsChina, BYD aurait discrètement lorgné sur l'une des deux sections disponibles du site. L'investissement évoqué : environ 50 millions d'euros. L'objectif, lui, est limpide : s'offrir l'étiquette "Made en Germany", avec tout ce que cela implique en termes d'image sur le Vieux Continent.

Volkswagen dément, mais l'idée avait germé en haut lieu

Face à ces rumeurs, un porte-parole de Volkswagen a répondu sans ambiguïté : "Nous rejetons catégoriquement ces spéculations." Le démenti est net. Ce qui est moins net, c'est le contexte dans lequel il intervient.

Il y a quelques jours à peine, le PDG du groupe, Oliver Blume, évoquait lui-même la possibilité de laisser des marques chinoises reprendre des usines sous-utilisées, qualifiant la chose de "solution intelligente". Difficile de ne pas y lire une certaine ambivalence, entre la nécessité économique d'optimiser un parc industriel coûteux et la gêne politique que représenterait l'installation d'un concurrent chinois dans un berceau historique de l'automobile allemande.

Le groupe Volkswagen traverse une restructuration profonde, sous la pression d'une demande en berne et de coûts qui ne fléchissent pas. Les usines tournent en deçà de leur capacité. Dans ce contexte, l'idée de sous-louer ou céder des murs à des acteurs étrangers n'a rien d'absurde, même si elle reste politiquement sensible.

BYD n'a pas besoin de Dresde pour exister en Europe

Il faut replacer les choses à leur juste mesure : BYD n'est pas en train d'attendre qu'une porte s'ouvre chez Volkswagen. La marque chinoise est déjà sur le point de lancer la production en série dans son usine hongroise, avec la Dolphin Surf comme premier modèle. Une deuxième usine est prévue en Turquie. Une troisième est à l'étude, et l'Espagne figure parmi les destinations évoquées.

S'installer à Dresde aurait une valeur surtout symbolique et c'est précisément ce qui rend le scénario à la fois séduisant et inflammable. Mettre en route des voitures chinoises là où Volkswagen assemblait sa limousine de luxe, la Phaeton, ce serait une image forte. Peut-être trop forte pour être digérée sereinement, côté allemand.

Leapmotor, qui s'apprête à utiliser l'usine Stellantis de Figueruelas, en Espagne, montre que ce type de montage est désormais une réalité industrielle en Europe. Le démenti de Volkswagen sonne juste aujourd'hui. Mais dans une industrie en mutation rapide, les "jamais" ont tendance à vieillir mal.

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