Volkswagen serre la vis sur certains avantages sociaux et oblige ses employés à passer aux voitures électriques
Source : Auto Plus — Auteur : Yann Lethuillier
Voir l'article originalC'est la crise chez Volkswagen, et le groupe cherche à faire quelques économies à tous les niveaux. L'audit interne mené ces derniers mois a mis en lumière ce que beaucoup savaient sans le dire : les voitures de fonction étaient utilisées à des fins largement personnelles, les pleins payés avec les cartes de la société, les lavages premium facturés sans sourciller, et les véhicules parfois confiés à des proches sans aucune autorisation.
Des pratiques banales dans beaucoup de grandes entreprises, certes. Mais quand on cherche à réduire ses coûts en licenciant massivement et en gelant certains projets, continuer à fermer les yeux sur ce genre de pratiques devient difficile à justifier auprès de certains employés qui sont, eux, peut-être menacés par une vague de licenciement.
La fête est finie
À partir de juin, les nouvelles règles entrent en vigueur. Le principe est simple : les avantages existants sont soit supprimés, soit sévèrement encadrés. Les stations-service internes au groupe ferment ou sont réservées aux flux logistiques de l'entreprise. Les cartes carburant deviennent nominatives et non transmissibles. Les lavages sont plafonnés à 4 par mois, avec un ticket unitaire limité à 17 euros. Adieu donc le polish grand luxe pour sa belle Volkswagen.
Les modèles sportifs (GTI, GTX et R) sont désormais soumis à des conditions d'usage restreintes pour les conducteurs de moins de 23 ans. Quant aux carburants autorisés, la liste se resserre : Super E10 ou diesel standard, rien de plus. Pas question de faire payer le sans-plomb 98 ou le V-Power à l'entreprise.
L'électrique comme levier, pas seulement comme conviction
Le volet le plus intéressant de cette réforme reste la poussée vers les véhicules électriques. Volkswagen l'annonce clairement : ceux qui souhaitent conserver leur voiture de fonction auront tout intérêt à opter pour un modèle électrique. Une carotte plutôt qu'un bâton, au moins dans la forme.
Mais difficile de ne pas y voir aussi un calcul industriel. Le groupe a massivement investi dans l'électrification de sa gamme et peine encore à convaincre le grand public même si les ventes s'accélèrent ces derniers mois. Utiliser le parc interne comme vitrine et comme terrain de rodage n'est pas une mauvaise idée en soi. Reste à voir si cela suffira à convaincre des cadres qui, pour beaucoup, préféreraient encore un diesel confortable sur autoroute.
En filigrane, Volkswagen prévient que ces mesures ne sont qu'un début. Si les coûts continuent d'augmenter, de nouveaux ajustements sont envisagés.
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