1er Essai – Leapmotor B03X : Droit de cité
Source : Auto Journal — Auteur : La rédaction
Voir l'article original‘‘Libérez votre passion” : le slogan de Leapmotor à propos de son tout nouveau modèle B03X mise sur une approche émotionnelle inattendue de la part d’un constructeur chinois. Pour être honnête, cet aspect affectif n’est pas le premier à venir naturellement à l’esprit au moment de poser les yeux sur ce SUV citadin électrique de 4,27 m de long…
Un nouveau concurrent pour les Renault 4 et Mini Aceman
Avec son air de déjà-vu et ses feux arrière figurant “un visage souriant”, ce B03X ne dispose pas d’une personnalité aussi affirmée que celle de la Renault 4 ou du Mini Aceman qu’il est censé concurrencer. Question de goût certes, mais difficile au premier regard de parler de “passion”, à moins bien sûr d’évoquer celle de la préservation de son bas de laine. Parce qu’à l’instar de son compatriote BYD Atto 2, le B03X dégaine des tarifs que lui envient ses principaux rivaux. Affiché à partir de 25 400 € dans sa version de base avec un petit accumulateur de 39,8 kWh et à partir de 28 900 € dans notre version d’essai avec la grosse batterie (53 kWh) et la finition huppée Design, il casse encore plus les prix puisqu’il bénéficie d’une remise de 1 500 € en entrée de gamme et de 2 000 € sur les deux autres. À 26 900 € l’unité, la proposition du jour devient d’autant plus attractive que l’équipement affiche complet. Sellerie similicuir, écran tactile de 14,6 pouces à la définition parfaite et pas moins de 21 aides à la conduite… les technophiles apprécieront. La concurrence emmenée par la Renault 4 E-Tech ne peut s’aligner, malgré une prime Coup de pouce dont notre modèle chinois ne peut se targuer. À l’heure où le pouvoir d’achat constitue une priorité, le B03X multiplie ses chances de se faire une place dans une catégorie dont le fort potentiel commercial pourrait en faire la Leapmotor la plus diffusée chez nous. Surtout que le réseau et la puissance de feu de son partenaire Stellantis lui fournissent les moyens de ses ambitions.
Un petit SUV très agile et habile en ville
Une fois la porte ouverte, l’habitacle à la présentation moderne et singulière donne le change. La position de conduite dominante et la vision d’un long capot rappellent l’univers d’un SUV, avant d’abaisser le sélecteur de marche niché au volant pour s’élancer. Le B03X fait preuve d’aisance en ville, malgré son 1,81 m de large et sa mauvaise rétrovision. La caméra à 360° facilite la tâche. L’architecture traction qu’il étrenne chez Leapmotor ne l’empêche pas de conserver un faible diamètre de braquage (10,4 m), appréciable au moment de se stationner. La douceur de la propulsion électrique et des relances dynamiques au besoin le sont tout autant. L’amortissement conciliant sur les dos-d’âne et sa filtration correcte sur les petites irrégularités y ajoutent un confort convenable. À défaut de se montrer parfaitement naturel, le ressenti dans la pédale de gauche ne subit pas de variations d’assistance entre les phases régénératives et celles mécaniques du freinage. La fluidité de conduite y gagne, mais il est simplement dommage que les différents modes de régénération au lever de pied ne soient disponibles qu’à travers une navigation fastidieuse sur l’imposant écran central. Comme toujours, l’ergonomie tout tactile – qui va ici jusqu’au réglage des rétroviseurs extérieurs – propre aux modèles chinois trouve rapidement ses limites et nécessite une certaine accoutumance.
Une cavalerie au service du dynamisme
Sur la route, ses 197 ch offrent des relances toniques dans toutes les situations, malgré un manque de réactivité au démarrage. À l’aise en ligne droite (heureusement !), le B03X perd de sa superbe en virage. Plus encore que son amortissement souple qui engendre des mouvements de pompage somme toute assez logiques pour un SUV urbain ou que ses pneumatiques Yokohama BluEarth-GT privilégiant l’efficience à l’adhérence, c’est surtout son train avant paresseux qui se ressent dès que le tracé se fait plus sélectif. Donnant l’impression de refuser l’obstacle en entrée, il élargit la trajectoire en sortie et compose avec une motricité précaire qui sollicite exagérément l’ESP. La direction totalement muette et bien trop légère n’arrange pas les choses et les réglages de conduite ne changent rien. Une collaboration plus étroite avec les metteurs au point châssis de Stellantis, dont la réputation n’est plus à faire, aurait permis au chinois de rattraper une partie de son retard, avec une auto plutôt bien réglée que bien réglable ! Agréable sur autoroute, il subit aussi la loi des assistances envahissantes et difficiles à déconnecter. La conduite semiautonome marque un progrès par rapport aux autres modèles du constructeur, même si le centrage dans la voie pourrait encore être peaufiné.
Le principal atout de ce B03X tient dans sa qualité de vie à bord et sa modularité.
Son habitabilité généreuse, son grand coffre de 475 dm3 avec un important double-fond, ses assises arrière capables de se replier verticalement pour installer des objets hauts et son siège avant rabattable en tablette en font le plus familial et astucieux des SUV urbains électriques. Son autonomie quelconque par rapport à celle de ses concurrents est compensée par une recharge rapide correcte (133 kW, soit 21 mn pour passer de 10 à 80 %), même si les modèles hybrides sont plus adaptés aux longs trajets.
Leapmotor B03X : ses plus
- Habitacle astucieux
- Tarif compétitif
- Temps de charge
Leapmotor B03X : ses moins
- Châssis dépassé
- Ergonomie
- Aides à la conduite envahissantes
LE BILAN DE L’AUTO-JOURNAL
Le B03X n’a pas que son tarif compétitif et son équipement pour lui ! Son vaste coffre, son habitabilité généreuse et ses astuces en font un SUV électrique urbain agréable à vivre. Les qualités routières restent toutefois loin des standards européens.
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