1er Essai - Toyota bZ4X Touring (2026) : break surprise ?
Source : Auto Journal — Auteur : La rédaction
Voir l'article originalCertains réduiront sans doute ce bZ4X Touring à une simple variante étirée du SUV japonais. Les plus optimistes y verront un héritier des premiers breaks baroudeurs, Volvo Cross Country et Audi Allroad mais aussi Subaru Outback et Forester. D’ailleurs, le bZ4X Touring est fabriqué chez Subaru, partenaire de Toyota, au côté de l’E-Outback.
Le bZ4X, lancé en 2022, a connu des débuts laborieux (le nom abscons n’a pas aidé) : le premier modèle 100 % électrique de Toyota s’est surtout fait remarquer par ses prestations à la traîne et sa technologie datée. Lacunes rectifiées l’an passé à la faveur d’un discret restylage : nouveaux moteurs et batteries, arrivée 73 d’une pompe à chaleur et d’un planificateur d’itinéraire (avec préconditionnement de batterie)… La version break profite logiquement de ces optimisations et part donc d’un bon pied.
Toyota bZ4X Touring 224 ch/75 kWh Grande Autonomie Design : 14 cm en plus
Le Touring se distingue de la carrosserie classique par ses 14 cm en plus. Ceci porte la longueur à 4,83 m. Et va de pair avec une rallonge tarifaire de 3 500 €, faisant grimper le prix d’appel à 48400 € (pas si dispendieux au vu de l’équipement). Moins flagrant, les protections de passages de roue diffèrent légèrement.
L’étirement concerne uniquement le porte-à-faux arrière, bénéficiant au coffre qui revendique désormais 669 dm3 (217 dm3 de gagnés). Mieux qu’un RAV4 ! Le plancher amovible dissimule un compartiment pour les câbles et forme une vaste surface plane dossier rabattu, ce qui fait monter la capacité totale à 1 718 dm3.
En revanche, la modularité reste assez basique (dossier rabattable en 2 parties, assise fixe). Et pas de coffre à l’avant, bien que l’espace le permette. Ces minces reproches n’enlèvent rien aux qualités familiales de l’auto. Les places arrière sont immenses, la banquette offre un bon confort et les rangements ne manquent pas.
Mais l’ambiance intérieure n’est pas à l’euphorie : à l’avant, mobilier sombre et dessin sans harmonie (au moins quatre textures de plastique différentes composent la planche de bord) dégagent une atmosphère austère. Si quelques matériaux franchement légers déçoivent, finition et assemblages paraissent cependant sérieux.
Et bonne nouvelle, l’ergonomie générale demeure rationnelle, en évitant de céder au tout-tactile. La prise en main s’en trouve facilitée : toujours de vrais boutons, y compris pour accéder aux assistances à la conduite. Deux manipulations suffisent à couper le sifflet aux diverses alertes, pas si envahissantes cela dit. Un regret, en revanche, pour l’écran d’instrumentation en partie masqué par le petit volant, selon la position de conduite.
Toyota bZ4X Touring 224 ch/75 kWh Grande Autonomie Design : talents inattendus sur tracé sinueux
Ce grand costaud révèle des talents inattendus sur tracé sinueux, goudronné ou non. On profite d’un toucher de route plutôt précis, servi par une direction calibrée comme il faut : ni trop directe ni isolée à l’excès. Même constat pour la suspension (non pilotée), progressive dans ses réactions pour juguler la masse (pas si élevée, à 1900 kg).
Parler d’agilité, c’est vite dit, mais le compromis est habilement mené. Ajoutons-y une filtration sans histoires (les jantes de 18 pouces, monte aujourd’hui modeste, ont du bon), et nous avons affaire à un voyageur aussi confortable que sympathique à mener. Renouer avec ces qualités pourtant élémentaires est plaisant : la fuite en avant technologique s’étend de nos jours à des gadgets plus ou moins futiles, et occulte parfois la pauvreté des prestations essentielles d’une automobile.
Certes, le bZ4X n’embarque pas de karaoké, l’écran n’est pas de toute première fraîcheur, il ne se gare pas en crabe et ne se livre à aucune des acrobaties mises en avant par certains véhicules chinois. Mais Toyota sait concevoir des châssis. Tout comme ses rivaux européens, d’ailleurs (Peugeot E-5008 ou Skoda Enyaq par exemple, eux aussi doués en la matière).
Toyota bZ4X Touring 224 ch/75 kWh Grande Autonomie Design : 224 ch sages mais volontaires
Les 224 ch, plutôt sages mais volontaires, suffisent amplement à la tâche. De même, le couple modeste (268 Nm) mais disponible immédiatement assure des relances déjà correctes. Les plus exigeants pourront toujours lorgner sur la version 4 roues motrices (AWD) dotée d’un second moteur à l’arrière portant la puissance à 380 ch, capable de chronos quasi sportifs.
À 4,5 s de 0 à 100 km/h, il s’agit de la Toyota la plus véloce de la gamme actuelle, excepté la GR Yaris ! Dans un registre plus pratique, l’AWD peut tracter plus lourd (1500 contre 750 kg) et sera plus habile hors bitume. De son côté, la simple traction ne démérite pas (la garde au sol de 21 cm laisse de la marge) et son autonomie annoncée est légèrement supérieure (591 km, 528 km en AWD).
Le Touring s’avère assez brillant à ce sujet : 15,2 kWh/100 km au terme de notre parcours vallonné, effectué sans précautions mais en sollicitant fréquemment le freinage régénératif (facilement réglable par les palettes au volant, sur 4 niveaux). Pas de mode One Pedal en revanche, et c’est dommage pour la conduite en ville.
Entre deux recharges, la batterie de 75 kWh (seule capacité disponible) approche ainsi les 500 km d’autonomie, pas si loin des chiffres officiels donc. Sur les bornes rapides à courant continu, sa plateforme 400 V limite la puissance à la moyenne basse du créneau : 150 kW, soit 28 mn pour remonter la jauge de 10 à 80 %. Par prudence peut-être, pour préserver la batterie garantie dix ans ou 1 million de kilomètres? Ce point rassurant s’ajoute aux atouts de ce pragmatique japonais, plus attachant que prévu.
Toyota bZ4X Touring 224 ch/75 kWh Grande Autonomie Design : ses plus ?
- Haut niveau de prestation globale
- Habitabilité/coffre
- Confort/comportement
Toyota bZ4X Touring 224 ch/75 kWh Grande Autonomie Design : ses moins ?
- Pas de One Pedal
- Ambiance intérieure
- Puissance de charge
Le bilan de l'Auto-Journal : 4/5
Ce break au style de baroudeur est sans doute le modèle le plus homogène de la gamme électrique Toyota. Il remplit habilement sa mission de familiale confortable, l’agrément de conduite en prime. Et sans être bon marché, le rapport prix/prestations mérite l’attention.
Toyota bZ4X Touring 224 ch/75 kWh Grande Autonomie Design : en mesures


Retrouvez notre premier essai du Toyota bZ4X Touring 224 ch/75 kWh Grande Autonomie Design dans l'Auto-Journal n°1217 du 17/09/2026.
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