Essai Tesla Model Y Grande Autonomie Propulsion : pourquoi le SUV d’Elon Musk reste une référence, quoi qu’on en dise ?
Source : AutoMoto — Auteur : Rédaction
Voir l'article originalSi les ventes de Tesla ont subi un gros revers en 2025, notamment à cause d’une image de marque écornée par les sorties de son patron Elon Musk acoquiné au président américain Donald Trump, il semblerait que le succès soit de retour pour la firme californienne. En témoigne le retour du Model Y au sommet des ventes de voitures neuves en Europe toutes énergies confondues en septembre 2026. Avec 40 971 exemplaires écoulés en septembre, le Tesla Model Y est loin devant les Dacia Sandero et Volkswagen Golf. Pour l’occasion, nous avons repris le volant du SUV électrique dans sa version Grande Autonomie Propulsion, potentiellement la plus intéressante du catalogue…
Lancé en 2020 et restylé en 2025, le Model Y divise aujourd’hui sa gamme en deux versions : la “Standard” (même si Tesla n’aime pas qu’on utilise cette ancienne appellation désormais) un peu moins équipée et moins valorisante esthétiquement, et la Premium plus haut de gamme. L’entrée de gamme maintenant appelée Model Y Propulsion est affichée à 40 990 €, alors que la gamme Premium débute à 46 990 € avec notre version Grande Autonomie Propulsion. Une version à transmission intégrale, déjà à l’essai ici, est accessible dès 53 990 € tandis que la version la plus sportive Performance requiert 62 990 €.
La version Premium du Model Y se distingue notamment par son bandeau à LED indirecte à l'arrière.
L’avantage principal de notre version Grande Autonomie Propulsion, c’est son prix fixé sous la barre des 47 000 €. Ce seuil lui permet d’être accessible au bonus écologique en France, grâce à une production dans la Gigafactory de Berlin (Allemagne) qui lui permet un bon éco-score selon l’ADEME. La prime CEE de 3 600 € peut donc être déduite de la facture, et même grimper jusqu’à 5 700 € selon les revenus. En plus de cela, Tesla propose régulièrement des remises et offres de reprises, comme un bonus reprise de 5 000 € cumulable avec l’aide à l’achat.
Une belle autonomie
Le second avantage, c’est l’autonomie. Le SUV affiche la meilleure autonomie de la gamme dans cette version avec 603 km WLTP sur le papier, que ce soit pour les jantes de 19” ou de 20”. Dans la réalité, c’est bien sûr un peu moins, mais le rayon d’action en cycle mixte dépasse les 450 à 500 km avec de bonnes conditions météo et une circulation fluide. Sur autoroute, nous avons pu rouler près de 300 km sans difficulté avant de devoir faire une pause pour recharger.
Le Model Y affiche un habitacle très épuré... et parfois un peu trop ?
La capacité de la batterie n’est toujours pas précisée par Tesla, mais on l’estime à 72 kWh environ. Sans pour autant disposer d’un réseau 800V adapté à la charge très rapide comme certains concurrents (Xpeng G6, Hyundai Ioniq 5 ou encore Kia EV6), le Model Y affiche la meilleure valeur possible sur le réseau 400V avec un pic à 250 kW DC. Sur borne rapide, il peut donc passer de 10 à 80% de batterie en 20 à 25 min environ. L’avantage de Tesla se trouve d’ailleurs dans son écosystème de charge, puisque la marque a développé en même temps que ses véhicules un réseau propre de Superchargeurs, très fourni en Europe désormais et facilement accessible. Les stations les plus modernes sont équipées de nombreuses bornes (jusqu’à 32 stèles sur le récent Tesla Lounge de Roye dans la Somme) et d’un bâtiment offrant quelques services agréables comme des toilettes, un distributeur automatique de boissons et friandises ou encore un coin jeu pour occuper petits et grands pendant la courte charge. Certaines bornes se trouvent également dans d’autres lieux grâce à des partenariats, comme des hôtels, des restaurants ou des grands magasins.
Notre modèle d'essai était équipé d'un cuir blanc désormais remplacé par du gris clair.
Grâce à l’univers Tesla très complet, des petites astuces facilitent le quotidien comme le préchauffage de la batterie automatique lorsque la navigation embarquée prévoit un arrêt, l’ouverture automatique de la trappe de charge près du feu arrière gauche en approchant de la borne ou encore le raccordement aisé à la borne de charge sans besoin de s’identifier si le véhicule est relié à son conducteur, par exemple par son téléphone portable.
Du progrès côté conduite
Son architecture propulsion à un unique moteur arrière (dont la puissance exacte n’est pas communiquée par Tesla mais tourne autour de 300 ch selon les estimations) lui permet de maintenir une consommation optimale, avec des moyennes très basses pour la catégorie, même sur autoroute. Durant notre essai, nous avons oscillé entre 13 kWh/100 km et 19 kWh/100 km selon les conditions (ville, route nationale à 80 km/h, autoroute à 130 km/h) sans se priver ou pratiquer l’éco-conduite. Notre moyenne globale s’est approchée des 16,1 kWh/100 km.
Tout se pilote à travers l'écran central, même le réglage des rétroviseurs, du volant ou des essuie-glaces.
Côté conduite, on note un amortissement beaucoup plus conciliant que sur les précédents modèles. Si les suspensions restent parfois un peu sèches sur les raccords, la marque a fait évoluer ses amortisseurs dépendants de la fréquence comme pour la Model 3 restylée pour plus de douceur. C’est d’ailleurs le sentiment global à bord du SUV américain. L’atténuation des bruits de roulement grâce à un bon double vitrage y est aussi pour quelque chose. Les accélérations sont plutôt linéaires au départ, mais peuvent se montrer franches en appuyant plus fort sur la pédale de droite. Le 0 à 100 km/h est estimé à 5,6 s, ce que nous avons pu expérimenter lors d’insertions sur autoroute ou sorties de péages. On imagine que la version Performance est encore à un tout autre niveau, avec ses 3,5 s. Le freinage, lui, est assez naturel et mordant quel que soit le mode sélectionné. Réglable à travers l’écran central, la régénération va jusqu’à l’arrêt complet en mode One Pedal sans bousculer les passagers.
La direction se montre quant à elle agréable et consistante comme il faut, avec plusieurs niveaux de réglage à travers l’écran. En revanche, on peste un peu contre le rayon de braquage XXL qui impose souvent des manœuvres supplémentaires en ville ou dans les parkings. Heureusement, les huit caméras placées un peu partout sont là pour aider. Il faut dire que le gabarit du Model Y n’est clairement pas le plus facile à appréhender en ville, avec une largeur importante (1,92 m hors rétroviseurs) et 4,79 m de long depuis le restylage.
Habitabilité au top
L’un des points forts du Tesla Model Y, c’est aussi son habitabilité. L’espace au second rang est idéal, et les passagers disposent de sièges chauffants, inclinables et rabattables électriquement. Depuis le restylage, les versions Premium bénéficient également d’une dalle de 8” supplémentaire pour la deuxième rangée, qui permet par exemple de gérer le flux d’air et la température de climatisation, la navigation ou même la musique. Les passagers arrière peuvent aussi profiter de jeux vidéo, également disponibles sur l’écran avant. Précisons que Tesla propose aussi une version à 7 places sur la version Grande Autonomie à Transmission intégrale, avec deux strapontins au troisième rang un peu exigus.
L'espace au second rang est généreux, et la banquette est chauffante et à réglage électrique.
Côté coffre, le Model Y est un véritable glouton avec un volume de 822 litres en configuration 5 places, d’après les données de la marque. Dans les faits, l’espace est tout de même moins généreux sous tablette mais tout à fait correct. Il est d’ailleurs complété par un double fond idéal pour y glisser des câbles de charge. En rabattant la banquette électriquement, la soute grimpe jusqu’à 2 118 litres selon la marque. Le capot avant cache quant à lui un frunk de 116 litres, utile pour cacher des câbles de charge ou des sacs supplémentaires lors de grands voyages.
Les passagers du second rang peuvent piloter certaines fonctions (climatisation, musique) depuis l'écran de 8" placé à l'arrière.
À l’occasion du restylage, le Model Y a franchement évolué sur la qualité perçue de son habitacle. La planche de bord hérite désormais d’un éclairage d’ambiance complet et d’inserts en tissu cachant les enceintes du système audio. Il compte 9 hauts parleurs sur cette version contre 7 pour la version Propulsion d’entrée de gamme et 15 unités dont un caisson de basse pour la variante Performance. Le système audio nous a paru clair et bien équilibré, avec une spatialisation correcte et un égaliseur complet comprenant de nombreux réglages. La console centrale dispose de profonds rangements dont la plupart ont des volets fermés de qualité. Le modèle embarque aussi deux chargeurs de smartphone par induction ventilés, tandis que cinq ports USB-C sont disséminés dans l’habitacle.
Une ergonomie qui ne convient pas à tous
Reste qu’il faut composer avec une ergonomie qui ne convient pas à tous. D’abord pour accéder au véhicule, avec des poignées fines et peu pratiques pour ouvrir une porte… Le tout à l’écran a aussi ses limites, avec quasi toutes les fonctions regroupées dans l’écran central de 16”. Le système multimédia maison rappelle un smartphone, avec de très nombreux menus et sous menus. En revanche, Tesla n’intègre toujours pas Android Auto et Apple CarPlay, se basant uniquement sur sa propre navigation fonctionnant par satellite grâce aux données de Starlink.
Le coffre est généreux, et dispose d'une forme cubique pratique à utiliser.
Bien entendu, tout cela participe à l’ambiance épurée de l’habitacle, notamment dans notre version d’essai recouverte d’un cuir perforé vegan blanc (désormais supprimé du catalogue pour un nouveau “Gris Zen”). Mais on aurait apprécié quelques touches physiques pour la gestion de la climatisation ou l’accès à des raccourcis pour les assistances à la conduite. Idem pour le réglage des rétroviseurs, fonctionnant par l’écran et les molettes du volant, ou le réglage de la vitesse des essuie-glaces qui passe forcément par l’écran. Un peu fastidieux, sachant que le mode Auto n’est pas des plus sensibles.
Encore de beaux restes
Si les clignotants font leur retour sur un vrai commodo derrière le volant depuis le restylage, ce n’est pas le cas du passage de vitesses, qui se fait à travers l’écran avec une gestuelle sur l’icône en haut à gauche de l’écran, près des compteurs. Une habitude à prendre… Et bonjour les traces de doigts ! Même chose pour l’absence d’instrumentation numérique face au conducteur, qui pourrait être corrigée par un affichage tête haute sur le pare-brise, indisponible chez Tesla. Des accessoires non officiels proposés sur Internet permettent d’ajouter un petit écran derrière le volant pour ceux qui préfèrent.
Le plancher du coffre cache cet espace supplémentaire pour des câbles de charge, sachant qu'un frunk de 116 l est aussi disponible à l'avant.
Au terme de cet essai, on retient donc une chose : le Tesla Model Y reste l’une des références sur le marché avec sa consommation très maîtrisée, son niveau de confort amélioré, un écosystème Tesla facilitant le quotidien et une belle habitabilité. Reste une ergonomie particulière à appréhender, et l’image encore difficile à assumer pour certains propriétaires qui n’hésitent pas à se désolidariser avec des stickers indiquant “J’ai acheté cette Tesla avant qu’Elon ne devienne fou”. Mais finalement, faut-il dissocier l’homme et la technologie d’une bonne voiture électrique ? Vous avez quatre heures…
Notre avis
Verdict :
Encore tout à fait d’actualité malgré ses six ans au compteur, le Tesla Model Y continue à séduire en Europe malgré les frasques d’Elon Musk. Et on comprend pourquoi !
On aime :
- Consommation mesurée
- Confort
- Habitabilité
- Écosystème Tesla pratique…
On aime moins :
- …mais parfois peu ergonomique
- Maniabilité en ville
- Image d’Elon Musk ?
Les versions Grande Autonomie adoptent un discret badge "Long Range" sur le bas du hayon.
Fiche technique Tesla Model Y Grande Autonomie Propulsion :
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Tesla Model Y Premium Grande Autonomie Propulsion
Version essayée : 49 490 €
À partir de 46 990 €
Conso moyenne constructeur/durant l’essai (kWh/100 km) : 14,0 / 16,1
Autonomie constructeur/durant l’essai (km) : 603 / 466
CO 2 (g/km)/bonus : 0 / 3 600 à 5 700
Puissance fiscale : 8
Pays de fabrication : Allemagne
Garantie 4 ans 80 000 km
GAMME PROPOSÉE :
Model Y Propulsion dès 40 990 €, Model Y Premium de 46 990 € à 53 990 €, Model Y Performance dès 62 990 €
Conduire
Moteur : arrière synchrone à aimants permanents,
Transmission : propulsion, réducteur à rapport unique
Puissance (kW/ch) : environ 300 ch (n.c.)
Couple (Nm) : n.c.
Batterie (kWh) : environ 75 kWh (n.c.)
Temps de recharge :
11 kW 7 h 00 min
Rapide 250 kW : 27 min
Poids à vide (kg) : 1 891
Long.xlarg.xhaut. (m) : 4,79x1,92x1,62
Empattement (m) : 2,89
Diamètre de braquage (m) : 12,1
Vitesse maxi (km/h) : 201
0 à 100 km/h (s) : 5,6
Pneus de série : 255/45 R19
Pneus de l’essai Hankook Ventus S1 Evo3 EV
Vivre
Coffre à 5 / à 2 / avant (l) : 822 / 2 118 / 116
OPTIONS CONSEILLÉES
Peinture métallisée ou nacrée : 1 300 € ou 2 600 €
Jantes 20” : 2 200 €
Intérieur Gris Zen : 1 200 €
Principales concurrentes
Xpeng G6 RWD Long Range, 295 ch, à partir de 46 990 €
Renault Scénic E-Tech Grande autonomie, 220 ch, à partir de 46 990 €
Peugeot E-3008 Grande autonomie, 230 ch, à partir de 46 990 €
Kia EV6 84 kWh, 229 ch, à partir de 49 990 €
Marques et modèles :TESLAModel Y (2020)
En résumé
Revenu à un très haut niveau au classement des ventes en Europe, le Tesla Model Y conserve de beaux atouts face à une concurrence de plus en plus acharnée. Nous avons repris son volant dans la version la plus intéressante de la gamme, à bien des égards.
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