Il détruit une Chevrolet Corvette pendant un essai routier et se retrouve dans une situation embarrassante
Source : AutoSection — Auteur : Etienne Villaret
Essayer une voiture de sport qui approche les 85.000 euros peut faire tourner la tête. Pour Kirby Sewell, client canadien venu prendre le volant d'une Chevrolet Corvette C8 Stingray, l'expérience a dérapé, selon Carscoops. Lors d'un essai routier organisé chez le concessionnaire Gardner Chevrolet-Buick-GMC, en Colombie-Britannique, la sportive a heurté une barrière de béton. Le choc s'est produit sur le parking d'une station Flying J, alors que Kirby Sewell prenait des photos de la voiture.
Convaincu qu'il n'avait pas à assumer les dégâts, Kirby Sewell a adopté une défense pour le moins inattendue. Selon lui, le simple fait de conduire la Corvette avec l'accord du garage faisait de lui un "employé" du concessionnaire.
Il estimait alors être couvert par l'assurance du garage, grâce à la Motor Vehicle Act locale. L'affaire s'est retrouvée devant les tribunaux. La réponse de la justice vaudra à Kirby Sewell une situation très embarrassante, qui parle à tous les automobilistes amateurs d'essais routiers.
Un essai routier de Chevrolet Corvette qui tourne mal
Les faits remontent à juin 2024, à Hope, en Colombie-Britannique. Client régulier de Gardner Chevrolet-Buick-GMC, Kirby Sewell avait commandé une Corvette Stingray neuve, affichée autour de 85. 000 €. Avant de signer quoi que ce soit, le concessionnaire lui a donc proposé un essai routier de la voiture.
Au cours de l'essai, Kirby Sewell s'est arrêté sur une aire de camionnage Flying J pour prendre des photos de la Chevrolet Corvette. Il a garé la voiture dans une zone réservée aux poids lourds, près d'une barrière de béton. En repartant, la sportive a frotté cette barrière et a endommagé le côté passager. Lors du procès, des photos prises par Kirby Sewell ce jour-là ont montré qu'il disposait de suffisamment de place pour manœuvrer sans toucher l'obstacle.
La pirouette juridique de Kirby Sewell face au concessionnaire
Après l'incident, Kirby Sewell a décidé de ne pas acheter la Corvette endommagée. Le concessionnaire a alors réclamé la prise en charge des réparations et de la perte de valeur du véhicule. Pour se défendre, Kirby Sewell a invoqué la section 86 de la Motor Vehicle Act de Colombie-Britannique. Selon son interprétation, le fait de conduire la voiture avec l'accord du garage faisait de lui un employé ou un mandataire du concessionnaire. Il estimait que la responsabilité devait alors reposer uniquement sur l'assurance du garage.
Le tribunal des petites créances n'a pas retenu cette thèse. Il a condamné Kirby Sewell à verser 11 500 €.
La loi "n'est pas destinée à protéger un conducteur négligent de sa propre négligence", selon la Cour, citée par CarScoops. La juridiction d'appel a confirmé ce jugement. Elle a estimé que la lecture de la loi par Kirby Sewell "défiait le bon sens".
Cette décision a été rendue en 2025. Elle a été confirmée le 8 octobre 2026 par la Cour suprême de Colombie-Britannique, dans l'arrêt 2026 BCSC 1945.
Le garage a fait réparer la Corvette pour environ 6 800 €. Une fois l'accident déclaré, il a ensuite revendu la voiture autour de 78 000 €, à un prix réduit par rapport à sa valeur initiale.
Essai routier et assurance : que risque vraiment l'automobiliste ?
Cette affaire pose une question concrète pour tout conducteur. Que se passe-t-il si l'on abîme une voiture pendant un essai ? En Amérique du Nord, l'assurance du concessionnaire couvre souvent les clients pendant un court essai routier. Le garage peut toutefois demander une preuve d'assurance auto personnelle. C'est fréquent pour un essai plus long ou un prêt de véhicule pour la nuit.
Si un accident survient, le concessionnaire utilise en général sa propre police d'assurance pour réparer la voiture. Mais le conducteur peut être tenu de payer une franchise. Il peut aussi devoir rembourser des montants au-delà des plafonds de garantie, s'il est jugé responsable. Mieux vaut donc, avant de prendre le volant, clarifier quelques points avec le vendeur :
- qui est couvert par l'assurance pendant l'essai routier et avec quels plafonds de garantie ;
- quelle franchise pourrait rester à votre charge en cas de choc, même léger ;
- quels documents encadrent l'essai et ce qu'ils prévoient en cas d'accident.
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